La SNCF déraille
Au train où vont les choses, on pourrait bientôt amèrement regretter la belle époque où la France pouvait se targuer d’avoir un des services ferroviaires parmi les plus performants du monde. Il suffit d’avoir mis les pieds dans un train anglais pour se rendre compte à quel point nous étions vernis de pouvoir compter sur l’organisation et le professionnalisme de la SNCF. Et voilà que, depuis quelques mois, la belle mécanique se grippe à la vitesse d’un TGV au galop.

Trains pas prêts à l’heure, souvent peu ou pas nettoyés, de plus en plus en retard, victimes de diplomatiques "problèmes techniques" voir mêmes fantômes à l’occasion, personnel au bord de le crise nerf n’hésitant plus, du simple agent au chef de gare, à vous servir du " c’est le bordel!" avec un air abattu, l’ambiance qui règne aujourd’hui dans les gares tient plus de la grande déprime que du pays des Bisounours. Cette même déprime qui guette le client que je suis quand il passe à la caisse et se rend compte que les tarifs des billets augmentent à peu près aussi vite que l’endettement du pays. Heureusement, à la SNCF, tout va bien côté finances. Un bénéfice net record de 1,042 milliard d’euros en 2007 et pour la première fois des dividendes versés à son actionnaire l’Etat : 131 M€!
Le constat est clair, la SNCF est en passe de devenir une grande et belle usine à cash sur notre dos!
J’éviterais le larmoyant couplet habituel sur "ces pauvres salariés de la SNCF" parce que je ne suis pas persuadé qu’ils soient les plus à plaindre en ce moment en France, en tout cas dans leur ensemble. Comparés à des infirmières qui ont le choix entre partir à l’heure où prendre le risque de laisser crever quelqu’un et qui font chaque jour le choix de l’humanité pour un salaire miteux, y’a pas photo.
Une chose est sûre, on voudrait bien préparer le terrain pour une privatisation totale de la SNCF, que les usagers excédés finiront par accepter voir réclamer, qu’on ne s’y prendrait pas mieux.








